Les objets d’art islamique dans les collections des Valois et de leur entourage (vers 1360-1515)

Gwenaëlle Fellinger

[Gwenaëlle FELLINGER->gwenaelle.fellinger@diwan.info]

thèse préparée sous la direction de Mmes Christiane Prigent (Université Paris-1) et Sophie Makariou (musée du Louvre)

Les Valois sont connus pour être parmi les premiers grands collectionneurs d’objets d’art à la fin du Moyen Age. Le XVIe et le XVe siècles apparaissent en effet comme la période charnière marquant le passage traditionnel du « trésor » réserve monétaire à la collection moderne rassemblant des objets individualisés conçus comme des oeuvres d’art à valeur propre. Les objets échappent en même temps à la sphère purement religieuse pour conquérir une autre symbolique, plus vaste et plus complexe. Parmi les objets listés dans les inventaires et les sources comptables de l’époque se trouvent un certain nombre d’oeuvres d’art issues des mondes de l’Islam. Les travaux menés cherchent à définir la place des objets d’art islamique dans les collections occidentales des monarques de la dynastie des Valois et des membres importants de leur entourage, grands nobles, princes, ducs. Ils tendent à répondre au questionnement suivant :

- Quelles sont les routes empruntées par les objets ? Qui les rapporte et dans quel but ?
- Quelle est l’importance de ces apports ? S’agit-il d’un véritable commerce organisé ou de cadeaux ponctuels ?
- Quelle était la symbolique des objets et leur importance dans les collections occidentales ? Pourquoi les Occidentaux s’intéressaient-ils à des objets venus d’une autre culture ?

Les sources de l’étude sont variées. Inventaires édités et inédits constituent la majorité des documents étudiés et regroupent des réalités très variées. Les renseignements qu’ils fournissent peuvent être tout autant d’ordre esthétique, comptables et financiers, descriptifs, locatifs, etc. Les objets sont rarement identifiables de manière sûre, mais il est possible d’en tirer de nombreuses indications quantitatives. Le vocabulaire imprécisément défini en est le principal obstacle, ainsi que les conversions de poids et mesure, très variables dans le temps et selon les régions.

Les récits littéraires viennent compléter cette étude. Les correspondances, les sources narratives comme les chroniques et les récits de voyage apportent essentiellement des indications sur les lieux de production. Les récits des voyageurs juifs sont particulièrement intéressants et des liens entre les communautés juives et l’apport d’objets d’art islamique en Occident peuvent être établis.

L’analyse d’objets d’art conservés actuellement dans des institutions muséales complète cette étude. S’il n’est pas judicieux de s’y limiter, la plupart des objets ayant disparu dans les aléas de l’histoire, l’étude précise de quelques exemples conservés apporte des éléments éclairants sur l’histoire des collections et remet en perspective l’évolution des collections et des items les constituant.

Le but de l’étude est d’allier tous les types de sources susceptibles d’apporter des éléments d’information sur la présence des objets d’art islamique dans la France des XIVe et XVe siècles : sources littéraires, récits historiques, analyses scientifiques, rapports archéologiques et éléments iconographiques doivent être confrontés pour évaluer et comprendre le cheminement des objets, depuis leur origine orientale jusqu’aux collections occidentales, ainsi que leur évolution symbolique.