Le jund de l’Égypte aux deux premiers siècles de l’Islam : de la conquête arabe à l’établissement de État toulounide (20/641 – 254/868)
Sobhi Bouderbala
Sobhi Bouderbala Université Paris-1
Cette thèse a pour objet d’étude le jund de l’Égypte aux deux premiers siècles de l’Islam. Nous entendons par jund, non seulement l’armée au sens technique du terme, mais surtout la première société musulmane en Égypte. En effet, on inscrivait au dīwān al-jund toute personne musulmane installée en Égypte, et touchant par conséquent le ‘atā’ (solde en espèce) et le rizq (solde en nature). La professionnalisation de l’armée ne commence véritablement que sous les Marwānides (fin du Ier siècle de l’hégire) Naturellement, la grande difficulté dans l’étude de l’Islam des origines est, d’une part, la rareté des sources contemporaines, et la difficulté d’exploitation des sources postérieures. Notre étude se fonde exclusivement sur l’historiographie égyptienne. Une place de choix est accordée à trois historiens : Ibn ‘Abd al-Hakam et son futūh Misr, al-Kindī et son kitāb al-wulāt wa kitāb al-qudāt ; Ibn Yūnis et ses deux dictionnaires biographiques, tārīkh al-Misriyyīn et tārīkh al-Gurabā’ (aujourd’hui perdu, mais un chercheur égyptien a pu, à partir des ouvrages de tabaqāt postérieurs, recomposer une partie de cette œuvre). Après plusieurs tentatives de planification, nous sommes arrivés à un plan qui semble répondre, pour le moment, aux problématiques posées. Ce plan comporte trois chantiers : un institutionnel, un deuxième politique et un dernier socio-culturel. Nous espérons donner plus de détails sur notre plan lors de la prochaine rencontre des Doctorants.