Frappe et techniques monétaire au Yémen, du IIe/VIIIe siècle au VIe/XIIe siècle
Audrey Peli
Thèse de doctorat sous la direction d’Alastair Northedge et de Paul Benoit (Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne)
L’étude des monnaies de cette période, comprise entre l’établissement, rapporté par les sources et par l’existence de dirhams, du premier Hôtel des monnaies sous le règne de Hārūn al-Rašīd (170-193/786-809) et l’établissement du pouvoir ayyūbide sur l’ensemble du Yémen en 569/1173, conduit à plusieurs problématiques d’ordre historique, techniques et économiques.
La comparaison des information données par les sources textuelles et celles présentes dans les inscriptions des monnaies amènent ainsi à identifier certains conflits politiques et parfois à rectifier les dates de règne de certains gouverneurs ou souverains. D’autre part, les questions d’obédiences et de titulatures sont également abordées à travers les titres données aux souverains et ministres sur les monnaies.
Par ailleurs, la lecture du témoignage d’al-Hamdānī, qui est l’auteur du premier traité métallurgique du monde islamique, amène à reconstituer toute la chaîne opératoire aboutissant à la frappe de monnaies dans l’atelier monétaire yéménite. Des analyses réalisées à la Fluorescence- X contribuent à déterminer l’aloi de ces monnaies et à identifier de possibles dévaluations au cours de la période choisie. En outre, les monnaies yémenites ont la particularité d’avoir été frappées à la moitié des poids et des mesures standard adoptés dans tout le monde islamique.
Des aspects historiques et techniques découlent en partie la question de la diffusion et de la circulation de ces monnaies. En étudiant les trésors monétaires découverts au Yémen et en dehors de cette région, il apparaît que ces monnaies circulent peu. Or, alors que des monnaies d’époque rasūlide ont été découvertes en Inde, aucune monnaie yéménite des périodes antérieures n’a été, à ce jour, mise au jour dans cette région avec laquelle le Yémen commerçait, comme nous l’indiquent les géographes classiques.
Enfin, ces recherches s’appuient en partie sur un projet d’étude et de catalogage des monnaies du Musée national de Ṣanʽā.